Cher toi, nous voilà au pied du monde et c'est en cet instant que mes mots te trouvent. Je ne peux plus rien soutirer de nous, j'ai mal. J'ai mal de toi, de cet amour donné, volé, craché. Ces instants, ces souvenirs comment les rend on ? Qui les récupère ? Ils sont trop lourds, je n'en peux plus. Ne t'accroche plus, lâche ma main, on ne chute que seule, personne ne vous suit, jamais je ne te suivrais, jamais. Je t'ai cherché toute ma vie pour t'avoir si peu. On m'avait dit de me méfier du temps, il est injuste. J'ai toujours les mêmes images dans la tête et mon c½ur bat toujours autant pour elles. Je voudrais avoir dit non, je voudrais n'avoir été capable, capable de courir, courir assez vite pour te chercher, te chercher dans la nuit, dans la nuit et le jour. On m'a dit d'aimer autant, d'aimer le vent, d'aimer les yeux fermés, ou à contre-courant. Je t'ai aimé de toutes les manières du monde, je t'ai aimé comme un homme, comme un enfant, comme un frère, comme une mère, comme un père, [...] et j'abandonne, je t'abandonne. Avant le crime passionnel, le génocide, le fratricide, le matricide, le patricide[...] avant l'annonce funeste de nos fiançailles. Nos fiançailles au néant, au danger, au regret.
